mardi, novembre 13, 2007

Enseigner à des gros cons

Non je n'aimerai pas enseigner à Nanterre à une bande d'enculés qui applaudissent et filment sur leur portable leurs camarades en train de se faire tabasser par les CRS. C'est arrivé à ce point que je ne me sens pas capable d'assumer ma mission de servic public, comment les collègues (jamais le mot a été aussi peu adapté) ont-ils pû faire cours dans ces conditions?
Comment un intellectuel peu-il cautionner cette violence?
Je suis opposé au blocage, justement parceque c'est une forme de violence et qu'elle en appelle d'autres, en tant qu'enseignant-chercheur le meilleur moyen de soutenir ce mouvement si on le souhaite est de se mettre en grève.

Désolé pour cette crudité mais imaginer que mes étudiants puissent se faire casser sous les yeux de leurs camarades qui applaudissent m'est intolérable. Le régime aime diviser les plus fragiles, une telle politique conduit peu à peu à la destruction du tissu social, la voir à l'oeuvre sur les lieux de l'université publique est indigne et signe la mort du pacte républicain.

jeudi, novembre 08, 2007

Pour Kalys

D'abord il faut expliquer que nous avons en main une loi mais pas ses décrets d'applications, c'est un point important. Un exemple : le recrutement des enseignants-chercheurs, en l'état on sait qu'il sera chapeauté par une commission mixte mais vu l'ampleur de la tâche elle va déléguer le boulot, comment? On ne sait pas et c'est pourtant fondamental.
Si on donne le pouvoir à des comités d'experts locaux et extérieurs, on pourra faire du bon boulot et peut-être mieux qu'aujourd'hui si les comités sont un peu plus resserrés.
Si on a un pouvoir décisionnel au niveau local seulement on va vers le mandarinat, le copinage et la catastrophe suivant les situations locales.
Aujourd''hui on ne peut rien dire, on le voit cette loi dans ce cas particulier ne fixe pas vraiment le cadre, j'aurai pu parler aussi de l'attribution des primes, de la répartition des postes entre UFRs.....

Premier point, discuter de cette loi est très complexe et nous n'avons pas aujourd'hui tous les éléments en main.

Deuxième point cette loi peut être bonne si elle s'accompagne d'un collectif budgétaire raisonnable, certainement pas les malheureux 5 milliards d'euros promis sur 5 ans sur lesquels il faut déjà retirer des sommes dûes par l'état aux universités (heures supplémentaires, PEDR, etc). Quand Pécresse annonce un effort considérable elle se fout de notre gueule, quid d'un effort de 1 milliard par an quand on fait un cadeau fiscal de 15 milliards en un an qui ne ramènera jamais de croissance, passons.
Pourquoi j'insiste sur le financement?
Comme les universités sont autonomes et ont des besoins pédagogiques et que l'on a bloqué le recrutement des enseignants à elles de financer ces besoins, si l'état s'engage fortement c'est super on aura un outil pour enfin répartir les fonds comme on l'entend (faire venir un prof du MIT ou de Harvard pour un an par exemple pour donner des cours).
Si on reste dans la situation actuelle qui est calamiteuse on va devoir chercher des fonds ailleurs pour survivre ce qui implique :
1) encore plus de postes précaires, des Aters pour assurer les heures des enseignants permanents non recrutés et que l'on n'aura pas les moyens, faute de moyens, d'engager localement comme le permettrait la loi
2) contrairement à ce que l'on croit les entreprises sont déjà présentes et assez fortement en fac de sciences, où trouver d'autres fonds alors? et quid des facs de lettres, de sciences-humaines et autres.

Le fait que les entreprises rentrent dans le CA ne me fait pas peur mais par contre si nous n'avons pas les moyens d'assurer une indépendance de la recherche fondamentale, pour nous c'est la mort. Or ce qui se passe au niveau du CNRS me fout les boules.

Conclusion : cette loi en elle-même ne mérite pas autant d'agitation, elle est inquiétante dans son non-accompagnement budgétaire, c'est le projet global du gouvernement en matière d'enseignement supérieur qui est effrayant.

mercredi, novembre 07, 2007

Youpi, c'est reparti

L'info est tombée Lille 1 mon université chérie est bloquée. Il a fallu deux votes en amphi pour y arriver, me voila au chômage technique comme il y'a deux ans.

Ce que j'aime dans ces moments de début de conflit c'est leur instabilité, bien malin celui qui peut prévoir la suite, le flop ou l'embrasement.
Je suis assez surpris cette fois-ci par la lenteur de la réaction étudiante, la loi sur l'autonomie a été discutée il y'a 5 mois dans l'indifférence estudiantine totale, l'UNEF s'est couchée devant Pécresse.
Depuis l'info est parvenu au cerveau (notez le singulier) ou au neurone et TILT , vas-y que l'extrême-gauche se réveille déborde l'UNEF passée à droite avec armes, bagages, Ségolène et BHL et notre pov' Bruno J. vexé "étendons le domaine de la lutte fichtre!" se souvient....mais de quoi au juste?
Et oui M. le chef de l'UNEF faudrait voir de nous récupérer tou çà!

A mourir de rire

Trouvé sur un site consacré au blocage, ce post sur le blocage de Lille 1 :

"1200 personnes environ étaient présentes". Et le blocage a été voté "à une large majorité de 512 personnes" (dixit le délégué de Lille 3 présent à Lille 1).