mardi, octobre 02, 2007

Droitisation de mon neurone

Vendredi matin 7h50 station "Cité scientifique" des étudiants distribuent des tracts "non à la privatisation des universités", ma première réaction "putain les cons, ils ont encore une guerre de retard, bien sûr qu'il faut privatiser l'université".
Je suis immédiatement sidéré par ma réaction, je ne crois plus en ce système à un tel point que l'arrivée de Sarkozy et le discours permanent de dénigrement de la fonction publique a fini par porter ses fruits, je suis tellement dégoûté de mes habits de fonctionnaire que je veux les brûler.

C'est l'écoeurement en permanence, 4 ans que je suis revenu en France et depuis je vomis. Le dénigrement de mon pays natal alors que j'ai été bercé par les valeurs universalistes de la république que l'école publique m'a donné les moyens de les critiquer et m'a permis d'intellectualiser mes révoltes adolescentes et de les transcender dans un anarchisme de gauche comme ils disent. Au fil du temps du lycéen crypto-communiste tendance fautoufairepéteriste à l'étudiant gaucho anti-communosocialiste il ne reste que des principes, une colère sourde et le pessimisme en permanence.
Je comprends même le parcours de certains militants passés de l'extrême-gauche au FN, je le comprends mais ils sont dans le camp ennemi désormais, tout comme l'ennemi dans une moindre mesure c'est aussi bien la LCR, le PCF, LO, le PS, les verts et tout ce qui se situe à droite. La politique institutionelle dans son entier est mon ennemie, la campagne présidentielle m'a achevée, deux candidats désespérants incapables l'un comme l'autre de porter un projet à la hauteur des enjeux de demain. Ennemie tant qu'il y'aura cette complaisance pour un monde médiatique médiocre et cette absence de rigueur intellectuelle volontaire quasi-assumée car vendeuse.

Il faut que je me reprenne, il faut croire encore en l'utilité, la nécessité d'un service public de l'enseignement et de la recherche. Même si notre mission est perdue d'avance dans une société du loisir, du zapping, de la bouillie culturelle, il faut persévérer. L'histoire ne se finit pas avec le triomphe illusoire du libéralisme elle devra se reconstruire sur les ruines de notre système économique, celui-ci ne semble pas viable à long terme, il faudra repenser des moyens de productions énergétiques, industriels, des moyens d'échanges, repenser l'organisation de la cité tel est l'enjeu intellectuel des années à venir. Et nous devons former ceux qui demain auront à se frotter à ce monde complexe et différent, l'université publique doit avoir un avenir en France aussi.


Amen et bonne nuit